LNMP: un espoir pour la vallée de l’Hérault?

Alors que l’enquête publique sur la première phase de la LGV Montpellier-Perpignan (limitée à Béziers donc) est sur le point de s’achever, l’organisation des travaux confirme l’opportunité pour une réouverture de la ligne Béziers – Vias – Clermont-l’Hérault. En effet, pour la réalisation de la ligne nouvelle, une base travaux va être mise en place à Bessan – St-Thibéry pour la réception des trains d’approvisionnement du chantier, le stockage des matériaux d’équipements ferroviaires en attente de pose (ballast, rails, traverses, caténaires), le chargement, la formation et la gestion des trains travaux avant leur départ sur le chantier ou encore l’hébergement du personnel de la base.

La base travaux sera utilisée à la fois pour les travaux de la phase 1 puis pour les travaux de la phase 2 du projet de ligne nouvelle entre Montpellier et Perpignan. Celle-ci sera convertie à l’issue des travaux en base de maintenance pour entretenir la LGV. Cette base travaux située sur la commune de Bessan sera située entre l’autoroute A9 et la ligne nouvelle sur les emprises de la carrière des Roches Bleues. L’accessibilité ferroviaire du site de la base travaux sera réalisée par la remise en circulation de la section Vias – Saint-Thibéry de la ligne Vias-Lodève, ligne à voie unique non électrifiée qui n’est aujourd’hui plus circulée.

Carrière de Saint-Thibéry - 34550 Bessan
La carrière de St-Thibéry qui pourrait servir à la production de ballast pour la ligne nouvelle

C’est ainsi l’occasion rêvée pour rouvrir un nouvel axe au trafic voyageur. La section Vias – St-Thibéry représente 10 km et 5 Passages à Niveau (PN) qu’il faudra veiller à renouveler complètement en intégrant les couts sur le projet de la LNMP. Ainsi la région pourrait traiter le reste de la ligne éventuellement en phasant le projet avec une première section jusqu’à Paulhan, soit 18 km et 11 PN. Cela permettrait la création d’un TER Béziers-Paulhan desservant 7 arrêts dont 6 haltes à rouvrir à savoir Bessan (5.162 hab), St-Thibéry (2.807 hab), Pézenas (8.002 hab), Lézignan-la-Cèbe (1.567 hab), Paulhan (4.016 hab) et enfin Villeneuve-lès-Béziers (4.102 hab) sur la ligne du littoral permettant l’amélioration de la desserte de l’agglomération Biterroise.

La ligne Vias – Clermont-l’Hérault avec en orange la section qui devrait rouvrir dans le cadre de la LGV Montpellier-Perpignan ©VoieMidi

Dans un second temps il s’agirait de prolonger la réouverture jusqu’à Clermont-l’Hérault (9.029 hab), soit 10 km supplémentaire et 7 PN pour desservir la plus grosse ville de la ligne ainsi qu’Aspiran (1.662 hab). Sur cette section, la construction d’un ouvrage d’art sera nécessaire pour franchir l’A75 au niveau d’Aspiran. Une situation plutôt fâcheuse sachant que cette portion de voie n’est pas déclassée et qu’au Nord de Clermont-l’Hérault un Pont-Route a bien était réalisé sur cette même A75 tout comme au Sud à Paulhan… À plus long terme, la réouverture de la ligne Montpellier-Bédarieux permettrait à Paulhan de redevenir une étoile ferroviaire et ainsi améliorer considérablement la mobilité de l’arrière Pays Héraultais.

La ligne Montpellier-Bédarieux dont la section à l’Ouest de Paulhan qui doit être protégée d’urgence ©VoieMidi

Outre le fait de couvrir les flux de déplacement domicile-travail et étude, cette nouvelle liaison TER aurait un attrait touristique avec la desserte d’une part de Pézenas, ville de riches marchands où siégeaient notamment les États du Languedoc et qui vit passer la célèbre troupe de Molière. D’autre part il y a aussi le lac du Salagou avec son paysage quasi-martien accessible depuis la gare de Clermont-l’Hérault qui attire chaque année de nombreux touristes.

Le centre-ville historique de Pézenas, un attrait touristique qui gagnerait à un retour du train

Au-delà, le retour jusqu’à Lodève semble compliqué voire illusoire à cause de l’autoroute qui occupe l’ancienne plateforme ferroviaire dans une vallée étroite. Un prolongement vers l’Est reste possible en récupérant en partie l’ancien tracé de la ligne départementale Montpellier-Rabieux déferrée en 1964. Cela permettrait de rejoindre des villes en pleine croissance comme Gignac (6.480 hab) et St-André-de-Sangonis (6.198 hab) actuellement isolées et de relier pourquoi pas Montpellier en mode tram-train étant donné l’urbanisation à l’entrée de la métropole qui polarise énormément les flux de déplacements de ces communes.

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Etchebar dit :

    La réouverture de Bedarieux Montpellier favoriserait également la ligne des causses avec afflux d’étudiant sur un e ville universitaire en explosion démographique

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  2. JiBOM dit :

    Je formule le vœu de voir revivre l’étoile de Paulhan. Outre l’intérêt local d’une desserte de villes relativement bien peuplées, j’y vois la possibilité de créer une liaison Rodez-Montpellier, élément important d’un bon maillage ferroviaire.

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