Renforcement du ferroviaire dans les ports

Si l’Occitanie agit pour le développement de l’offre TER et la préservation du réseau ferré, l’activité FRET n’est pas en reste. La région a la chance de posséder sur son littoral 3 ports de commerce qui sont déjà reliés au réseau ferroviaire. Depuis le 1er janvier 2015, les voies du port de Sète-Frontignan sont la propriété de la région, tout comme celles du port de Port-la-Nouvelle depuis le 1er janvier 2016. À noter que la ligne Colombiers-Maureilhan est également gérée par la région depuis le 1er février 2017 et qu’il en sera de même pour la ligne Auch-Agen en partenariat avec la Nouvelle-Aquitaine. Depuis ces transferts, des investissements ont été faits et se poursuivent pour développer l’activité des ports et renforcer la part de transfert modale vers le rail dans un contexte où les ports Catalans de Barcelone et Tarragone sont en train de se connecter à l’Europe avec l’installation d’un écartement mixte. Tour d’horizon des chantiers en cours.

Port de Sète

Propriété de la région depuis 2007, l’Occitanie s’est lancé dans un projet de construction d’une nouvelle gare maritime qui empiètera sur le chantier de transport combiné existant. L’occasion donc de relocaliser cette plateforme multimodale et de l’améliorer en passant de deux à trois voies de 330 m de longueur qui seront chacune équipée de sa plateforme de chargement/déchargement d’ici l’été 2021. Actuellement on ne peut traiter que deux demi-trains l’un après l’autre avec des reachstackers contre trois demi-trains qui pourront être chargés/déchargés à l’horizontal simultanément d’ici peu permettant d’opérer jusqu’à plus de 800 conteneurs et remorques par semaine.  

Le réseau ferroviaire du Port de Sète à l’heure actuelle VoieMidi

Aujourd’hui, un peu moins d’un tiers des camions débarqués sur le port de Sète en sortent par le train, soit 25.000 remorques. L’objectif est d’atteindre les 50 % grâce à cette nouvelle plateforme dont l’investissement représente 6M€. Le trafic actuel comprend 4 allers-retours par semaine vers Noisy le Sec puis Bettembourg et Zeebrugge en provenance du port turc d’Izmir. Ces remorques sont acheminées sur des wagons Modalohr surbaissés aptes au gabarit P400 et qui transportent du textile, des pièces automobiles ou encore des produits ménagers qui sont livrés sur toute l’Europe. De façon plus générale, 2 trains par jour partent ou entrent sur le port de Sète-Frontignan.

L’actuel chantier de transport combiné qui s’apprête à déménager Vincent Andorra

Une infrastructure qui arrange bien l’État dans le cadre de son plan de relance du FRET en France qui prévoit notamment la création d’une autoroute ferroviaire entre Sète et Calais. Déjà opérationnel quelques mois en 2019, avant d’être stoppé par les grèves massives de 2019 et le covid-19, l’objectif est notamment de créer quatre trains par semaine, soit huit allers-retours, afin de transporter les semi-remorques arrivant de Turquie et destinés à la Grande-Bretagne. À noter qu’en 2021 il y aura une régénération des voies d’accès au chantier de chargement des vracs solides de Sète et une sécurisation de plusieurs passages à niveau.

La nouvelle gare maritime de Sète en lieu et place notamment du chantier de transport combiné

Il pourrait être intéressant également, dans le cadre de cette nouvelle gare maritime, d’étudier l’utilité d’une halte ferroviaire au pied de cette dernière. À l’image de l’intermodalité air/fer dans les aéroports Paris-CDG et Lyon-St-Exupéry, il s’agirait ici d’une correspondance eau/fer en prolongeant les TGV ayant Montpellier comme terminus jusqu’à Sète-Méditerranée afin de regagner les navires pour le Maroc (Tanger ou Nador) mais aussi pourquoi pas la Corse ou les Îles-Baléares.

Port de Port-la-Nouvelle

Dans l’Aude, c’est un projet de grande envergure qui est en cours. En effet, la région s’est engagée dans l’extension du port dont elle est propriétaire depuis 2007. La première tranche des travaux, d’un montant de 234M€, a débuté en 2019 avec la construction des digues du nouveau bassin et d’un quai de 250 mètres qui permettra d’accueillir dès 2021 les premiers flotteurs d’éoliennes en mer flottantes. Actuellement tourné vers l’import de pétrole et l’export de céréales, le projet prévoit  le développement d’un hub de la logistique pour l’éolien en mer flottant, d’un hub de l’hydrogène vert, le repositionnement du port comme un pôle de vracs solides et de marchandises de l’hinterland de Toulouse, et le renforcement du port comme pôle de vracs liquides. À ce jour, il y a en moyenne 5 trains par semaine pour des trafics de céréales et de produits en vrac.

Configuration du réseau ferré de Port la Nouvelle avant la réorganisation VoieMidi

Au-delà ce sera la nouvelle SEMOP (Société d’Economie Mixte à OPération unique) qui poursuivra ces aménagements avec notamment la livraison en 2024 de deux nouveaux quais d’un tirant d’eau de 15,9 m, d’une jetée pour le déchargement des vracs liquides, et de postes à quai qui permettront le démarrage des parcs commerciaux d’éoliennes. Enfin et surtout, une nouvelle zone logistique portuaire sera créée et reliée au réseau ferré national pour connecter le port avec son arrière-pays régional industriel. Un faisceau de voie devrait prendre place directement dans le port avec des antennes sur les deux nouveaux quais pour faciliter le report modal vers le rail. Dans cette optique, il serait intéressant de créer une sortie en direction de Narbonne pour éviter les retournements en gare de Port-la-Nouvelle et ainsi gagner en efficacité. À noter qu’en 2021, un kilomètre de voie sera renouvelé.

Projet d’extension du port avec en rouge le futur réseau ferroviaire

Port de Port-Vendres

Troisième port de la région, c’est le seul à être propriété d’un département (en l’occurrence les Pyrénées-Orientales). Malgré sa petite taille, il est également relié au réseau ferré via une antenne empruntant un tunnel pour passer sous la ligne Narbonne-Portbou. Cela s’explique par la double activité du port au XXème siècle d’une part pour le trafic vers l’Algérie (y compris pour faire des correspondances voyageurs train/bateau) mais aussi militaire. De nos jours il est le second port fruitier de Méditerranée en lien avec le marché St-Charles de Perpignan, premier centre d’éclatement de fruits frais en Europe.

Port-Vendres et ses voies ferrées toujours en place mais inutilisées VoieMidi

Contrairement aux deux autres ports, ici l’embranchement ferroviaire n’est plus utilisé depuis de nombreuses années. Il pourrait être intéressant à plus long terme d’étudier l’utilité de relancer le transport des marchandises par le rail entre le port et le marché de St-Charles tout en protégeant d’ici là l’emprise ferroviaire.

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