L’Occitanie mise sur le patrimoine ferroviaire

Si la région Occitanie est connue pour soutenir fortement le développement du ferroviaire avec notamment la réouverture de plusieurs lignes, c’est un aspect plus insolite que nous allons évoquer ici. En effet en toute discrétion, et en concertation avec les associations, l’Occitanie est sur le point de mettre en place un centre d’interprétation du ferroviaire. Ce centre serait basé sur deux sites: Nîmes et Béziers.

Concrètement, sur le fond le projet a pour but la mise en valeur du savoir-faire des cheminots et des associations de préservation de matériels historiques, que ce soit sur une dimension technique, culturelle ou touristique. Sur la forme, ce centre offrira la possibilité de lieux sécurisés et abrités pour héberger et préserver du matériel historique en vue d’expositions mais pas uniquement puisque la région souhaite que cela facilite la circulation de ce matériel pour des évènements.

Quelques-uns des locomotives actuellement exposées dans la rotonde de Nîmes

Le choix des sites répond à plusieurs critères. Pour Nîmes, il s’agit d’un lieu au cœur de la ville, connecté au réseau ferroviaire et donc très facile d’accès. À cela s’ajoutent des atouts concernant le patrimoine et l’esthétique du lieu. En effet on retrouve une halle de type Baltard, deux rotondes et un musée ferroviaire déjà en activité. Ce dernier possède notamment la BB 4162 datant de l’époque de la compagnie du Midi, la BB 9411, dernière machine de la série BB 9400, la CC 6575, l’une des deux dernières BB 8100 avec la BB 8177, la CC 7121 qui a obtenu le record du monde de vitesse en 1954 avec une pointe à 243 km/h, et enfin la majestueuse locomotive à vapeur 141R 1298 dont il ne reste que 12 exemplaires. L’association possède également plusieurs tombereaux classés, des wagons bi-foudre, des wagons prussien et des locotracteurs dont le Y 6013 qui est un prototype.

Reportage de la SNCF sur le record de vitesse de la CC 7121, aujourd’hui situé à Nîmes

Pour Béziers, le choix s’est orienté du fait qu’il soit également connecté au réseau ferroviaire et proposant des bâtiments industriels de grandes surfaces, idéal donc pour du stockage de matériels.
L’idée serait ici d’avoir un « technicentre du savoir-faire », forts des nombreuses installations présentes (ponts roulants, tunnel peinture, fosses, hangars) qui permettrait ainsi une activité de maintenance des matériels roulants des diverses associations de la région et même au-delà. Autre avantage, dans les établissements scolaires que finance la région, les étudiants en chaudronnerie rencontrent des difficultés pour trouver des lieux de stage et trouveraient ainsi ici une débouchée. Béziers possède qui plus est déjà un centre national des archives du personnel qui conserve des dossiers de carrière, des dossiers de pension et des registres du personnel de plus de 800.000 cheminots qui viendrait en complément du centre d’interprétation. Seul inconvénient, le site est enclavé entre des voies de circulations et utilisé partiellement par d’autres activités. Enfin, ce projet nécessite l’engagement de SNCF Mobilité, mais aussi des associations, pour que l’entretien des matériels historiques soit réalisé dans ce lieu.

Localisation des bâtiments qui integreraient le centre d’interprétation ferroviaire

On pourra regretter qu’au final ces deux sites se trouvent sur la ligne du littoral, et donc éloigné d’une bonne partie de la région. La création d’un site à Toulouse, pourquoi pas Raynal à l’occasion du réaménagement du quartier, aurait permis une meilleure accessibilité pour tous d’autant plus qu’on y retrouve notamment deux locomotives à vapeur, la 141R 1126 (12 machines restantes) et la 241P 9 (4 machines restantes). Avec la restructuration de la gare Matabiau, la 241P 9 va d’ailleurs perdre son lieu de stockage d’ici fin 2022 où elle est en cours de restauration.

La 241-P-9 quelques temps avant son arrivée à Toulouse et son désossement pour restauration

SNCF Mobilités a déjà indiqué vouloir s’inscrire comme partenaire dans cette démarche avec pourquoi pas la mise à disposition de matériel roulant ayant notamment circulé dans le Sud, de foncier ou encore de bâtiments. Dans le même temps des discussions sont en cours du coté de St-Denis-près-Martel pour réactiver la branche de Souillac et ainsi permettre aux trains du Haut Quercy de faire des correspondances avec les TER Brive-Rodez et Brive-Aurillac.

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