Lancement du SA2020 … ou presque

Ce dimanche 15 décembre marque le début du SA2020 qui porte en lui de nombreuses évolutions, qui vont tarder à se montrer en cette période de grève interprofessionnelle contre le projet de réforme des retraites. Tour d’horizon des changements sur chaque axe:

  • Toulouse-Montauban-Agen/Brive

Les lignes au Nord de Toulouse connaissent une réorganisation qui permet une meilleure desserte des préfectures du Lot et du Lot-et-Garonne. Le nombre de TER vers Agen sera désormais cadencé avec 1 train/h en heures de pointe et 1 train/2h en heures creuses soit 11 allers-retours en 2020 contre 6 allers-retours en 2019. En direction de Cahors, le même cadencement est mis en place permettant de passer de 5/6 allers-retours à 10 allers-retours. À noter également, la création d’une navette Brive-Cahors en milieu de matinée. Seul bémol, le dernier train de la journée est avancé de 30 minutes ce qui va à l’inverse de la volonté d’un RER sur la métropole Toulousaine (19h55 au lieu de 20h28). Au total, cela représente 17 trains supplémentaires sur ces axes.

Au niveau du matériel, l’achèvement de l’allongement des quais entre Toulouse et Montauban permettra de mettre des Régio2N en UM2 (train à deux niveaux en composition double) sur les navettes vers la préfecture du Tarn-et-Garonne. Pour rappel, ces compositions doubles ne pourront pas aller jusqu’à Agen d’une part car les quais sont trop courts au-delà, ni vers Cahors d’autre part car les trois tunnels ne sont pas au bon gabarit pour permettre le passage des régio2N.

Exemple ici en région Lyonnaise d’un régio2N en UM2, soit près de 800 places assises ©Jeroen Water

Enfin, nouveauté pour les TER Occitanie, il y aura désormais 3 TER à double destination au départ de Toulouse chaque jour. Partant en UM2 de Matabiau, les deux rames se sépareront à Montaudran pour rejoindre Agen pour la première et Cahors pour la seconde. Attention donc à bien regarder les écrans d’affichages sur les quais avant le départ!

  • Toulouse-Narbonne-Perpignan

L’offre entre Toulouse et le Pays Catalan se renforce avec 7 allers-retours, soit 9 trains supplémentaires et un cadencement d’un train toutes les deux heures ce à quoi il faut ajouter quelques trajets avec correspondance à Narbonne. Si ce schéma est une bonne nouvelle, on regrettera cependant une première arrivée à Perpignan un peu tardive. Dans le même temps les vestiges de la frontière entre les anciennes régions s’effacent un peu plus avec la suppression de quasiment toutes les navettes Carcassone-Narbonne au profit du prolongement des TER en provenance et à destination de Toulouse. Point négatif, la desserte de Narbonne est légèrement dégradée avec 2 allers et 1 retour en moins.

Le politique d’arrêt évolue également dans la métropole Toulousaine avec une desserte systématique à Montaudran et Baziège et un renforcement pour Avignonet. À l’inverse Montlaur et Labège Village perdent tous leurs arrêts en contre-pointe ce qui montre bien l’utilité de développer un RER ciblé sur la métropole Toulousaine pour avoir une bonne desserte de ces gares d’une part et des TER express qui se concentrent sur des missions inter-villes.

UM2 d’AGC en provenance d’Avignon longeant la côte Vermeille ©Enrico Bavestrello

Enfin les weekends le cadencement des trains vers le pays Catalan reste le même à la différence près que les TER effectueront des trajets jusqu’à Cerbère/Portbou en 3h20! Ainsi il sera par exemple possible de rejoindre Collioure dès 10h16 ce qui sera particulièrement attractif durant la période estivale avec une desserte importante de la côte Vermeille. On regrettera à l’inverse que les TER soient limités à Perpignan en semaine et qu’il n’y ait aucune correspondance optimisées pour aller vers la frontière Espagnole.

  • Avignon-Montpellier-Portbou

Avec la mise en service de la gare TGV de Nîmes – Pont-de-Gard, la desserte de la ligne du littoral est complètement réorganisée. La gare de Beaucaire par exemple sera désormais desservie pas tous les TER venant ou allant vers Avignon soit 30 trains par jour contre 10 auparavant. De même, les arrêts de Baillargues et Vergèze-Codognan deviennent obligatoires pour tous les trains, soit environ 32 TER supplémentaires par jour. La gare de Manduel-Redessan est remplacée par Nîmes-Pont-du-Gard qui sera desservie par tous les TER pour permettre des correspondances avec les TGV, soit 44 trains ce qui est bien loin des 6 allers-retours qu’il y avait jusqu’à présent.

Les terminus de Sète et Lunel vont pleinement rentrer en service avec d’une part le prolongement de TER vers ces gares, et de l’autre avec la création de navettes entre les deux ce qui permet ainsi d’atteindre 4 trains/h au moment de la pointe sur Montpellier-Sète et Montpellier-Lunel. Par ricochet, les gares de Villeneuve-lès-Maguelone, Vic-Mireval, St-Aunès ou encore Valergues-Lansargues vont gagner en desserte. Au total il y aura 14 TER supplémentaires sur Montpellier-Sète et 11 TER supplémentaires sur Montpellier-Lunel.

TER Avignon-Portbou desservant la gare de Lunel, nouveau terminus partiel de la ligne ©Vectron X4E

Du côté du Pays Catalan, un cadencement est mis en place avec 1 train/h en contre-pointe, 1 train/2h en heures creuses et 1 train/30 min en heures de pointe. Ces TER rejoignent en quasi-totalité Portbou en Espagne, poursuivant ainsi la stratégie entamée en 2019 par la région Occitanie d’une meilleure connexion internationale avec les lignes Rodalies de la Catalogne.

  • Toulouse-Tarbes-Pau

Sur la ligne du piémont Pyrénéen, entre la grève et les travaux de renouvellement qui se poursuivent jusqu’au 20 mars (excepté pendant les vacances de Noël) les changements ne seront pas visibles immédiatement, et pourtant ils sont nombreux. Comme exigé dans le cadre de la convention signée entre SNCF Mobilité et la région Occitanie, le nombre de TER va augmenter avec 10 allers-retours supplémentaires répartis sur toute la journée et qui viennent répondre à trois demandes différentes. À l’heure où les usagers réclament de plus en plus la création d’un RER dans la métropole Toulousaine, voici une première évolution qui en ravira plus d’un puisque l’amplitude horaire de la ligne augmente avec des trains qui circuleront entre Toulouse et Muret de 6h jusqu’à 23h, contre 6h30-20h30 actuellement.

Le deuxième apport du SA2020 concerne les heures creuses. Si aujourd’hui la ligne connaît des coupures allant jusqu’à 2h sans aucun train, de nombreux TER vont venir se dispatcher tout au long de la journée pour compléter ces manques avec un cadencement moyen de 30 minutes sur Toulouse-Muret et un temps d’attente de 1h maximum. Si on rentre dans le détail, certaines gares gagnent beaucoup avec ces changements comme par exemple Carbonne pour laquelle il n’y avait aucun train en provenance de Toulouse pendant 5h à partir de 7h40. À partir de décembre 2019, 4 trains viendront combler ce trou.

UM2 d’AGC en provenance de Pau et approchant de Tarbes avec en fond la chaîne des Pyrénées ©Anthony Querleau

Dernier point traité par le futur SA2020, l’augmentation du nombre de trains en heures de pointe avec 2 allers-retours supplémentaires. Cet ajout permet d’atteindre un cadencement variant entre 10 et 20 minutes en heures de pointe pour Muret, soit par exemple 10 trains entre 16h et 19h au départ de Toulouse-Matabiau.

  • Toulouse – Foix – Latour-de-Carol

Il y a maintenant un an, les usagers de la ligne de l’Ariège avaient été plus que douchés par la mise en place du SA2019, service qui fut sérieusement réduit avec la suppression de nombreux trains en contre-pointe, de train sur la fin de l’heure de pointe, d’arrêts en péri-urbain (Pins-Justaret et Venerque-le-Vernet) et d’une dégradation de l’offre en Haute-Ariège. Des changements soudain que le rétablissement des correspondances à Latour-de-Carol et l’ajout de trains en milieu de journée n’avaient pas suffi à compenser, ni à calmer les usagers entraînant l’union de plusieurs associations et la création d’une pétition regroupant plus de 1.000 signatures en une semaine.

Et pourtant, le moins qu’on puisse dire c’est que SNCF Mobilité n’a pas entendu le cri des usagers malgré les beaux discours officiels. Dans le sens Toulouse vers Latour-de-Carol, le dernier train de la journée à 21h49 ne circule que les vendredis, le train de 19:18 en fin de l’heure de pointe est toujours absent, les trains de contre-pointe également et il est toujours impossible de rejoindre la Haute-Ariège tôt le matin pour aller en Andorre, faire de la randonnée ou bien rejoindre l’Espagne et le Pays Catalan. Les week-ends, le premier train de la journée à 6h49 s’arrête à Ax-les-Thermes, empêchant donc l’accès à d’autres domaines skiables comme Porté Puymorens ou Grandvalira qui s’est d’ailleurs retiré du programme skirail par manque de train vers la gare d’Andorre-l’Hospitalet…

L’un des points de croisement des TER de la ligne, ici à Saverdun ©Thierry Dupin

Dans le sens Latour-de-Carol vers Toulouse, il y a bien un seul petit changement qui rejoint la demande des usagers avec l’ajout d’un arrêt en gare de Pins-Justaret et Venerque-le-Vernet en contre-pointe les après-midis. Il reste malgré cela encore deux trains qui ne s’arrêtent dans aucunes des deux gares, ce qui est incompréhensible quand on voit par exemple qu’un de ces trains doit s’arrêter 3 minutes à Cintegabelle pour effectuer un croisement… En revanche, le week-end Pins-Justaret gagne un arrêt mais Venerque-le-Vernet en perd un. Après toutes les critiques de l’année passée, cette suppression est incompréhensible et empêche les usagers de Venerque de rejoindre la ville rose en début d’après-midi.

  • Brive-Figeac-Rodez

Reliant la capitale de l’Aveyron à Brive par les Causses du Quercy, la ligne Brive-Rodez va connaitre de légères modifications. Si le nombre de trains reste identique avec 6 allers-retours, en provenance de Rodez les TER seront repositionnés pour mieux coller aux usages des voyageurs et pour permettre plus de correspondance que ce soit avec les Intercités à Brive, les TER à Capdenac ou les TER à Rodez. Ainsi, par exemple, le matin il est désormais possible de rejoindre Rocamadour dès 10h29 avec une correspondance de 35 minutes à Capdenac ou encore relier Viviez-Décazeville à Toulouse en 3h environ avec une correspondance à Capdenac ou Rodez variant de 20 à 30 minutes.

TER en provenance de Rodez quittant ici la gare de Rocamadour-Padirac ©paum61325
  • Grandes lignes

Du côté de la ville rose, le nombre de TGV entre Toulouse et Paris ne bouge pas malgré la demande de plus en plus importante. Pire, le nombre de Ouigo passe à deux allers-retours par jour réduisant ainsi les TGV InOui à seulement 4 allers-retours en semaine… Dans le même temps, les TGV Toulouse-Lyon font leur retour en gare de la Part-Dieu (et non plus Perrache), ce qui permettra de nouveau de faire des correspondances vers Genève ou encore Annecy. À noter également que certains passeront désormais par les gares de Sud-de-France et Pont-du-Gard. Enfin, du côté des Pyrénées les Intercités Toulouse-Bayonne font enfin leur retour à Hendaye avec malheureusement un seul aller-retour qui n’est pas adapté aux Toulousains. Assez dommage sachant que cela permettrait de rejoindre les plages de la côte Basque les weekends ou bien durant la période estivale par exemple.

2020 marque le retour des Intercités direct entre Toulouse et la côte Basque jusqu’à Hendaye ©David Hendberg

Du côté du littoral, avec la mise en service de la gare de Nîmes – Pont-du-Gard le nombre de TGV sur la LGV va augmenter avec une répartition égale par rapport à la ligne classique. Ainsi en gare de St-Roch et Nîmes-Centre il y aura 27 TGV (15 InOui + 4 Ouigo + 8 RENFE), tandis qu’il y aura 23 TGV sur Pont-du-Gard et Sud-de-France (17 InOui + 6 Ouigo). Concernant les Intercités de la ligne Bordeaux-Marseille, l’amplitude horaire est légèrement élargie en allant de 6h30 à 18h30 et ce avec un cadencement d’un train toutes les deux heures. La politique d’arrêt est profondément remaniée avec la desserte obligatoire de Montauban, Carcassonne, Narbonne et Nîmes puis des arrêts alternés à Marmande ou Agen (dont une majorité pour cette dernière), des arrêts alternés à Sète ou Béziers (dont une majorité pour cette dernière) et une diminution de la desserte d’Arles. La fréquentation de la ligne ne cesse d’augmenter passant à 2,2 millions de voyageurs en 2016 à 2,8 millions en 2018. L’objectif de ces nouveaux changements est clair, franchir le cap des 3 millions d’usagers!

 

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Photo d’illustration

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