Réorganisation de la ligne du littoral

Si le SA2020 prévoit un renforcement de la ligne du piémont Pyrénéen, la ligne du littoral n’est pas en reste et va connaître de nombreuses évolutions. En effet, suite à la mise en service de la LGV Nîmes-Montpellier en décembre 2017, une grande partie du trafic marchandise ne transit plus pas la gare centre de Montpellier-St-Roch. À partir de décembre 2019 vient s’ajouter l’inauguration de la gare TGV de Nîmes – Pont-du-Gard qui permettra de transférer une partie du trafic grande vitesse vers la ligne nouvelle tout en conservant une desserte des gares centrales (52 TGV répartie à 50% sur chaque ligne). La combinaison de ces deux événements permet à SNCF Mobilité de renforcer l’offre TER comme l’exigeait la région Occitanie dans la convention signée en mars 2018. Voici donc les 3 principales évolutions du SA2020 pour la côte Languedocienne:

  • Vers un RER du littoral

La première conséquence concerne la métropole Montpelliéraine où la libération de nombreux sillons permet en effet de créer une 4ème fréquence via l’ajout de navettes Sète-Lunel d’une part et en prolongeant des TER jusqu’à Sète ou Lunel d’autre part. Ainsi à partir de décembre 2019 Montpellier possédera environ 35 allers-retours vers Sète mais également vers Lunel, soit 6 allers-retours supplémentaires. Ces navettes ne circuleront en revanche qu’en semaine, les week-ends restant similaire au SA2019.

Les deux gares ont d’ailleurs fait l’objet de travaux en amont pour permettre d’accueillir ces trains terminus et des PEM (Pôle d’Échange Multimodal) sont en cours de création pour permettre une meilleure intermodalité et faciliter les déplacements le long du littoral. Si celui de Lunel touche à sa fin, à Sète les travaux vont bientôt commencer avec l’aménagement d’un parking à l’arrière de la gare, d’une gare routière et même d’une halte fluviale sur le canal ainsi que d’une passerelle reliant les deux parvis et les quais.

Plan du futur PEM de la gare de Sète avec ses deux parvis et sa gare routière
  • Renforcement de plusieurs gares

Autre conséquence du basculement des TGV sur la LGV, la possibilité pour les TER de marquer des arrêts plus nombreux et ce au bénéfice de 4 gares. La première concernée est Manduel-Redessan, ou plutôt Nîmes – Pont-Gard. En effet, avec la création de cette nouvelle gare TGV surplombant la ligne classique, la halte de Manduel située 2 km plus loin ferme ses portes. Si toutes les dessertes sont reportées sur le nouvel arrêt, la commune gagne en nombre de TER puisque tous marqueront désormais l’arrêt pour permettre de réaliser une correspondance avec les TGV ne desservant plus la gare du centre de Nîmes. Ainsi le nombre de TER passe de 6 allers-retours à 22 allers-retours, soit 44 trains.

Résultat de recherche d'images pour "gare nimes manduel"
Illustration du futur quai de la gare de Nîmes-Pont-de-Gard avec en surplomb la LGV ©SNCF-Réseau

La deuxième gare bénéficiaire est celle de Baillargues. Récemment réaménagée dans le cadre de la création d’un PEM et de la suppression de son passage à niveau, la gare ne cesse de gagner en nombre de voyageurs passant de 88.899 usagers en 2014 à 174.532 en 2017! Avec le SA2020, ce sont environ 10 allers-retours supplémentaires qui viendront renforcer la desserte de la commune signifiant par là que Baillargues devient un arrêt obligatoire pour tous les TER.

La gare de Baillargues, totalement réaménagée en 2013 dans le cadre de la création d’un PEM, avec depuis un second parking au sud de la ligne ©RégionOccitanie

Vergèze-Codognan, un peu plus au Nord, se trouve dans la même configuration. Alors qu’un PEM est en cours d’élaboration, la gare gagnerait surtout dans le sens Nîmes→Montpellier actuellement moins desservi, en devenant également un arrêt obligatoire pour tous les trains régionaux, soit environ 10 TER supplémentaires. De quoi gonfler un peu plus la fréquentation de la gare qui était de 247.370 voyageurs en 2017 (+40.000 en 3 ans).

Pages de marseille_Elan_20181214-10-1.png
Malgré sa petite taille, coincée entre deux routes, la gare de Vergèze-Codognan est l’une des plus fréquentée de la ligne ©RégionOccitanie

Enfin, dernière gagnante: Beaucaire. La ville de 15.000 habitants voyait s’arrêter seulement 12 TER par jour avec une fréquentation qui stagnait à 9.000 voyageurs par an. Ce nombre va considérablement augmenter puisqu’il passera à 32 trains, soit 16 allers-retours devenant ainsi un arrêt obligatoire pour les TER, à l’exception de ceux allant ou venant de Marseille. Les week-ends aussi évoluent puisque l’on passe de seulement 2 allers vers Avignon le samedi à 8 allers et 9 retours les samedis et dimanches dans les deux sens. Un renforcement de l’offre qui n’est pas sans rappeler le cas de Baillargues, d’autant plus qu’ici aussi cela s’accompagne de la création d’un PEM qui ne sera pas de trop pour désenclaver la gare située à l’extrémité du canal.

Image associée
La gare de Beaucaire, aujourd’hui desserte, risque de voir sa fréquentation exploser avec ses 20 trains supplémentaires ©VilleBeaucaire
  • Refonte de l’offre en Pays Catalan

Le Sud de la ligne aussi va connaitre des modifications, mais pour une autre raison. En effet dans le cadre de la nouvelle région Occitanie, l’absence d’une ligne TER Toulouse-Perpignan n’était plus possible. Si 3 allers-retours ont été mise en service depuis décembre 2018, avec le SA2020 le nombre sera multiplié par deux pour obtenir un cadencement de 2h soit 7 allers-retours directs auxquels il faut ajouter 6 autres avec correspondance à Narbonne. À cela s’ajoute également une adaptation des liaisons TER Languedoc-Marseille pour avoir une meilleure complémentarité avec les Intercités Bordeaux-Marseille. Ces nouvelles circulations entraînent donc le redécoupage des horaires entre Narbonne, Perpignan et Portbou avec tout d’abord la diminution du nombre de TER direct entre le Pays Catalan et Montpellier au profit des nouvelles liaisons vers la capitale Occitane. Ces liaisons ne sont pas totalement perdues pour autant car des correspondances sont mises en place en gare de Narbonne pour assurer une continuité, faisant de cette dernière un centre névralgique de la région.

UM2 d’AGC en provenance d’Avignon longeant la côte Vermeille ©Enrico Bavestrello

Dans le prolongement du SA2019, l’offre internationale à la frontière est renforcée avec le prolongement des TER vers Portbou mais surtout avec le départ de ces mêmes TER depuis Portbou et non Cerbère. En décembre 2019 ce sont ainsi pas moins de 10 allers et 6 retours qui traverseront la frontière, contre 5 allers et 4 retours jusqu’alors.

Point négatif de cette réorganisation, au global on observe une légère diminution du nombre de trains entre Perpignan et Cerbère/Portbou avec 11 allers-retours contre 12 actuellement. Si l’heure de pointe est renforcée les après-midi au départ de Perpignan, on peut regretter que le SA2020 ne soit pas l’occasion de mettre en place un réel cadencement de 30 minutes en heures de pointe et 1h en heures creuses, contre 2h aujourd’hui. De même, on peut s’interroger sur l’absence de circulation Toulouse-Portbou, hormis 1 aller-retour inadapté pour les Toulousains, qui permettent de rejoindre la côte Vermeille sans correspondance.

littoral2.png
Fiche horaire du SA2020 Portbou → Narbonne → Avignon
littoral1
Fiche horaire du SA2020 Avignon → Narbonne → Portbou

Attention, cette grille horaire n’est encore qu’une offre théorique. Si cela permet de voir dans les grandes lignes les évolutions du SA2020, dans le détail il est probable qu’il y ait encore quelques adaptations d’ici décembre 2019.

 

 

Sources:

Photo d’illustration

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s