Prise de conscience tardive en Bigorre

Ne vous fiez pas à sa façade flambant neuve, car la gare de Bagnères-de-Bigorre est bien fermée depuis 1970. Si le bâtiment a été récemment restauré dans ses couleurs d’origine pour y accueillir une maison de la santé, l’idée de rouvrir la ligne Tarbes – Bagnères-de-Bigorre n’est pas pour autant abandonnée. Après avoir été évoqué dans le cadre des États Généraux du Rail et de l’Intermodalité (EGRIM) organisés par la région Occitanie, le sujet revient sur le tapis. En effet à partir de cet été, l’entreprise CAF va commencer à réceptionner les rames du RER A Parisien qui doivent faire l’objet d’une modernisation dans les ateliers Pyrénéens. Or leur acheminement, malgré que l’établissement soit raccordé au réseau ferré national depuis la gare de Bagnères-de-Bigorre, devrait se faire par camion depuis Paris alors qu’elles auraient pu rejoindre a minima les voies de services de la gare de Tarbes.

L’entrée de l’entreprise CAF où l’on aperçoit au sol l’embranchement ferroviaire toujours présent

Néanmoins les choses semblent bouger, un peu tardivement. Les acteurs locaux comme la ville et la région, ainsi que SNCF Réseau et la RATP réfléchissent à faire venir ces rames par les rails. Le député LREM de la première circonscription des Hautes-Pyrénées, Jean-Bernard Sempastous, affirme avoir essayé d’accélérer les procédures et qu’une étude va être lancée pour déterminer le coût et la faisabilité d’une réouverture au trafic marchandise à très faible vitesse le plus vite possible en attendant d’éventuels travaux plus conséquents qui seraient réalisés ultérieurement.

La ligne de Bagnères-de-Bigorre filant droit vers les Pyrénées

Si on peut se réjouir de cette prise de conscience concernant le potentiel FRET de la ligne, le trafic voyageur n’est pas à négliger. Contrairement à ce qu’affirme le député pour qui les bus seraient vides, la ligne longue de 18 km est particulièrement intéressante quand on regarde les flux domicile-travail et domicile-étude avec plus de 1.000 navettes chaque jour entre Bagnères et Tarbes. Il s’agit même du flux le plus important en Occitanie à ne pas posséder de service ferroviaire, avec Montpellier – Grau-du-Roi.

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Si l’arrivée de TER sur la ligne parait inatteignable, il serait intéressant de se poser la question de l’utilité d’une réouverture en mode tram-train. En effet le montant de l’investissement serait plus faible car nécessitant moins d’installation et un matériel roulant plus léger qui pourrait circuler en bi-mode (électrique/thermique) dans un premier temps évitant ainsi une électrification. Un tram-train présenterait qui plus est l’avantage de pouvoir assurer une desserte plus fine du territoire avec des arrêts plus nombreux. Cette réouverture pourrait s’inscrire dans un schéma plus global d’un réseau tram-train en Bigorre qui se superposerait aux TER. Une première ligne relierait Bagnères-de-Bigorre à Tarbes et Lourdes ainsi que Pau, si la région voisine souhaite investir dans le projet. La reconstruction de la ligne vers Argelès-Gazost et Pierrefitte-Nestalas (20 km) pourrait constituer la seconde ligne avant d’être prolongé ultérieurement vers Cauterets (10 km), haut lieu touristique avec sa station de ski, ses thermes et ses randonnées vers le pont d’Espagne et le lac de Gaube.

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Le tram-train Lyonnais ici dans un environnement similaire à celui de la Bigorre ©Transportrail

Connaissant l’attachement du président de la République pour la Bigorre, d’où sont originaires ses grands-parents, peut-on espérer un miracle avec une relance du trafic marchandise à court terme avant un retour des voyageurs? Premier rendez-vous cet été pour voir les rames RER arriver par train … ou pas.

 

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. accrotrain dit :

    Bonjour!
    Merci pour cette info (et votre site en général, tant sur le fond et la forme)! Si je vous suis bien, vous proposez quelquechose genre un « train-tram », un peu à l’envers du tram-train: rouler sur le RFN dans le centre-ville puis sur une voie simplifiée (sous régime STRMTG?) sur les antennes de Bagnères, Vic et Argelès-Gazost.
    Je pense qu’on est plus sur le concept d’un train léger, mais je suis assez d’accord. Il faut cependant d’abord se pencher sur les modalités d’interconnection: modifier la reglementation pour accepter d’avoir des réseaux plus légers qui ne soient pas physiquement étanches du RFN. A moins que la nouvelle pépite que nous promet SNCF Réseau pour les « lignes de desserte fine du territoire » ne tienne ses promesses (combien de montagnes a-t-on vu accoucher d’une souris?).
    En tout cas je verrais bien 5 arrêts supplémentaires dans la traversée de Tarbes (secteurs Alstom/Rue Edourd Dallas, Bout du Pont, pont sur l’Adour, Route de Pau et Rue François Marquès/Campus), en plus de la réouverture des haltes de Juillan et Ossun.
    L’AOT? A créer. Genre syndicat mixte région-département-communautés de communes.
    Le matériel? Léger, Vmax 100km/h. L’appel d’offre peut être « orienté » vers du matériel CAF genre Urbos LRV pour flatter économie et édiles locaux.
    En tout cas, on peut rêver d’un réseau bigourdan, joliment centré sur Tarbes avec un axe Nord-Sud Vic-Bagnères majoritairement sur ligne légère et un axe Est-Ouest Tournay-Lourdes entièrement sur la ligne Toulouse Bayonne.

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  2. Visiblement les MI2N font le trajet Paris-Tarbes sur rail et le reste sur camion : https://www.nrpyrenees.fr/2019/05/28/le-rer-parisien-en-transit-a-tarbes,8226296.php

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