L’Occitanie ne renonce pas à Luchon

C’est le premier grand chantier des Etats Généraux du Rail et de l’Intermodalité (EGRIM): la réouverture de la ligne Montréjeau-Luchon. Annoncé dès 2016, nous avions résumé en début d’année l’avancée des études préliminaires qui chiffraient les travaux à 36M€. Mais à la fin de ces études, le montant grimpait à 59M€! Sachant qu’un RVB (Renouvellement Voie Ballast) coûte environ 1M€/km, le renouvellement de la ligne de Luchon longue de 35 km semble disproportionné. Par comparaison, le RVB de la ligne Pau-Oloron, 35 Km, avait coûté 35M€ en 2010. Face à l’opacité et au manque de volonté de SNCF Réseau, la région Occitanie a demandé au président de l’entreprise publique une contre-expertise indépendante dont les résultats ont été transmis le vendredi 30 novembre. Selon les premiers échos, le coût serait plus faible que les 59M€ de SNCF Réseau. Dans le même temps, la présidente de la région a annoncé l’achat des 3 premiers rames bimode électrique-hydrogène de France et à indiqué dans la foulée leur utilisation sur la ligne de Luchon, mettant ainsi la pression sur l’État et la SNCF.

Ne souhaitant pas perdre de temps, le conseil régional a voté le début des études d’avant-projet qui doivent approfondir les travaux à réaliser. Explications sur les opérations prévues:

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Carte de la ligne Montréjeau-Luchon avec ses gares intermédiaires ©VoieMidi

La réouverture de la ligne Montréjeau-Luchon nécessite bien évidemment le renouvellement complet de la voie sur tout le parcours permettant une vitesse de 90 km/h et donc un temps de parcours de 35 minutes au lieu d’une heure au moment de la fermeture, ce à quoi il faut ajouter la construction d’une base de travaux. La localisation de cette dernière est envisagée sur le site de la gare de Marignac-St-Béat car située à mi-parcours et possédant une emprise ferroviaire suffisamment grande. Autrement dit il y aura une régénération des voies de service sur le site de Marignac, tout comme à Luchon pour y permettre un stationnement et un retournement.

Certains ouvrages d’arts et en terre doivent être traités. Dans le cas des ouvrages d’arts, cela concerne le remplacement de tabliers métallique, le confortement de maçonneries de ponts et le remplacement de dalot d’assainissement. Pour les ouvrages en terres, il s’agit de la mise en place de filets détecteurs sur tranchées ou versants, l’aménagement hydraulique sur des versants et la mise en place de géo-grilles sur tranchées.

Sur les 37 passages à niveau (PN) de la ligne, 26 PN SAL2 vont être régénérés et 7 PN à croix de St-André vont être automatisés.

D’un point de vue de la signalisation, l’étude prévu la mise en place d’un système d’exploitation de l’infrastructure en navette. Il est dommage de choisir ce mode de fonctionnement sachant qu’il est prévu le déploiement de fibre optique pour moderniser les moyens de télécommunications. En effet il aurait été possible de s’en servir pour mettre en place un système de signalisation automatique permettant plus de débits et de tirer le maximum du potentiel de la ligne. Parallèlement, il est prévu d’aménager la signalisation en gare de Montréjeau-Gourdan-Polignan pour permettre le jumelage/déjumelage (réception sur voies occupées). Autrement dit, il sera possible d’avoir un TER composé de deux rames venant par exemple de Toulouse qui se sépare en deux à Montréjeau, l’une allant vers Tarbes et l’autre vers Luchon.

La gare de Luchon à l’été 2018, sans sa caténaire ©Mike Ricketts

Au niveau des gares, il est prévu la rénovation des 4 points d’arrêt que sont Loures-Barbazan, Saléchan-Siradan, Marignac-St-Béat et Luchon. Cela comprend l’éclairage, le revêtement des quais, les abris, le téléaffichage, la billetique, la signalétique et la mise en sécurité et accessibilité des quais (allongement et rehaussement) permettant l’accueil de régiolis en UM2 (2 rames).

Dernier sujet, l’étude préliminaire comprend, à la demande de la région, la création d’un ITE (Installation Terminale Embranchée). Deux sites sont privilégiés à ce stade, à savoir Luchon pour les Eaux de Luchon et Marignac pour les activités forestières et l’exploitation du marbre de St-Béat.

Selon le dernier calendrier, les études d’avant-projet doivent s’achever en 2021 pour une réouverture de la ligne en 2023.

 

Source:

Photo d’illustration

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