À la recherche de l’élève-usager

Aux TER colle souvent l’étiquette d’un train peu fréquenté ou pas assez par rapport aux transiliens et autres RER par exemple. Dans le même temps, en cette rentrée 2018, les régions deviennent autorité organisatrice des transports départementaux et des transports scolaires. Si les étudiants sont déjà généralement adeptes des transports, notamment ferroviaires, les élèves sont aux abonnés absents. Il s’agit pourtant là d’un réservoir d’usagers non négligeable et fixe, autrement dit quotidien et ce sur plusieurs années.

  • Élèves des villes

Régulièrement on aperçoit que les établissements scolaires sont construits loin des transports, en particulier des gares, comme c’est le cas récemment avec les nouveaux lycées de Montech (5 km de la gare de Montbartier) ou celui de Pibrac (1,8 km de la gare de Pibrac). Néanmoins les choses semblent changer…

Prenons le cas de la ligne Toulouse – St-Sulpice. Avec un cadencement de 15 minutes, la commune de Gragnague s’apprête à recevoir un lycée général et technologique d’une capacité de 1.470 élèves, extensible à 1.800 dans les prochaines années et qui ouvrira ses portes en septembre 2021. À l’origine localisé près de l’échangeur autoroutier, le terrain retenu est finalement au bord de la départementale 45, soit à seulement 300 m de la gare de Gragnague! Répartis sur 3 ailes, ce millier d’élèves représentent un joli potentiel pour les TER dont il faudra réorganiser l’exploitation. Avec une fréquentation de seulement 12.599 voyageurs en 2016 (+41,7% sur deux ans), la gare n’est pas desservie tous les quarts d’heure. Il faudra donc cibler plusieurs TER dans la journée qui devront marquer l’arrêt et ce dans les deux sens car le secteur concerné par le lycée devrait s’étendre de Toulouse à Albi. À cette occasion, la création d’une halte à Rouffiac-Tolosan pourrait être intéressante, de même que l’amélioration de la desserte de Montrabé.

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Localisation du futur lycée de Gragnague

Autre exemple sur la ligne Toulouse-Tarbes où un lycée va être construit à Cazères-sur-Garonne d’ici 2020 d’une capacité de 1.200 élèves. Situé à coté du collège, il comptera des classes d’enseignement général, des classes techniques et professionnelles dans le tourisme et l’artisanat d’art et ce à seulement 600 m de la gare de Cazères-sur-Garonne. Avec un cadencement de 30 minutes, les horaires ne nécessiteront que peu d’aménagement pour concorder à ceux des élèves.

cazeres.png
Localisation du futur lycée de Cazères

Les collèges ne sont pas en reste. Le département de la Haute-Garonne a récemment annoncé la création de deux établissements, l’un à Escalquens en banlieue Toulousaine, l’autre à Cintegabelle aux portes de l’Ariège. Tous deux sont situés à proximité de leurs gares respectives. Dans le cas de Cintegabelle, une passerelle traversant l’Ariège serait néanmoins nécessaire pour regagner les TER qui sont cadencés toutes les 30 minutes.

 

 

  • Élèves des campagnes

Les territoires urbains et péri-urbains ne sont pas les seuls à être capable de capter les élèves. Au contraire, certaines lignes rurales doivent leur fréquentation, même si faible, aux élèves de collèges, lycées et internats comme sur le Cévenol (Nîmes-Langogne), l’Aubrac (Béziers – St-Chély-d’Apcher) ou le translozérien (La Bastide – Le Monastier). Sur toutes ces lignes, des TER circulent uniquement les vendredis à la sortie des cours pour ramener les élèves vers leur lieu de domicile ce qui permet notamment à la gare de Mende d’avoir une fréquentation de 26.755 voyageurs en 2016 malgré le peu de train y circulant. Il reste cependant une grosse marge de progression avec notamment le renouvellement de la ligne pour retrouver des temps de trajet plus compétitif et attirer plus d’usagers. Sur la ligne de l’Aubrac cela passe par un cadencement de 30 minutes entre Béziers et Bédarieux et la réouverture/création de différentes gares sur le parcours (Jean Moulin, Boujan-sur-Libron, Lieuran-Bassan, Laurens Faugères), plus au Nord c’est la réouverture de la ligne Rodez-Séverac prévu par la région Occitanie qui permettra de capter les élèves qui font le trajet entre Rodez et Millau.

AGC sur la ligne de Mende, ici vers Badaroux Pierre Joris

La gestion des transports scolaire par la région doit être l’occasion d’une rationalisation des modes de déplacements. Sur la ligne de l’Ariège par exemple des bus longent la voie ferrée entre Cintegabelle, Auterive, Venerque-le-Vernet et Pins-Justaret. Autre exemple, plus tragique, celui de Millas. Le jeudi 14 décembre 2017 à 16h03, un bus scolaire reliant le collège de Millas à la commune de St-Féliu-d’Avall percute un TER Villefranche -> Perpignan effectuant donc le même trajet. Le collège étant à seulement 600 m de la gare, pourquoi les élèves ne sont pas invités à prendre le train plutôt que de mettre en place une ligne de bus, d’autant plus quand on voit les faibles fréquentations de la ligne de la vallée du Têt (Millas: 1.442 voyageurs en 2016, St-Féliu-d’Avall: 963 voyageurs).

La région doit donc profiter de cette nouvelle compétence pour réorganiser le réseau de transport scolaire entre bus et train, permettant ainsi de doper la fréquentation des TER. Dans le même temps les tarifs doivent être harmonisés, car actuellement certains bus sont gratuits tandis que les trains ne sont pris en charge qu’a un certain niveau (le pourcentage variant d’un département à l’autre).

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