TER Occitanie: entre hydrogène et lithium

Ces dernières semaines de nombreuses annonces sont tombées sur les systèmes de tractions des TER, et particulièrement en Occitanie. Tour d’horizon du TER Occitanie de demain.

  • Le train à hydrogène

Le sujet traîne depuis plusieurs années. Dans le cadre de la réouverture de la ligne Montréjeau-Luchon, la région a dû se résigner à abandonner la caténaire face au manque de soutien de l’État. De là est né une idée, faire rouler des trains à hydrogène! En effet Alstom vient de mettre au point des rames propulsé grâce à des piles à hydrogène dont la conception fût en partie réalisée à Tarbes. Ainsi en plus de mettre en valeur le savoir-faire régional, cette solution permet de réduire les émissions CO2. Après une période de réflexion la région a annoncé en cette rentrée vouloir expérimenter cette nouvelle technologie notamment sur la ligne de Luchon.

Coradia iLint en gare de Bremervörde (Basse-Saxe) ©tradibahner

Néanmoins le train à hydrogène comporte aussi des inconvénients. Tout d’abord technologique puisque le coradia iLint ne peut dépasser les 140 km/h contre 160 km/h pour les rames diesel actuelles, il n’est donc pas adapté à toutes les lignes. Deuxièmement le rendement énergétique complet de l’hydrogène en prenant en compte sa production, n’est pas une référence d’autant plus si l’hydrogène est produit à partir d’énergies fossiles. Enfin dans le cas de la ligne de Luchon, cela reviendrait en confirmer l’exploitation de la ligne en navette Montréjeau-Luchon plutôt qu’en train direct Toulouse-Luchon ce qui risque de nuire considérablement à la fréquentation de la ligne. Le gouvernement a annoncé vouloir faire rouler un premier train à hydrogène d’ici 2022.

 

  • Le train hybride

Il a beau être le dernier-né, le train hybride va arriver très rapidement sur le réseau Français et notamment en Occitanie. En effet le 17 septembre 2018, 3 régions dont l’Occitanie ont signé un partenariat de 16,6 M€ avec la SNCF et Alstom pour développer un train hybride. L’objectif est de prendre une rame régiolis du parc Occitan pour y remplacer la moitié des moteurs diesel par des batteries lithium-ion de grande capacité qui récupéreront l’énergie de freinage du train pour la réutiliser par la suite. Ces batteries permettront notamment de couper la traction diesel aux abords des gares réduisant ainsi la pollution et le bruit des moteurs.

Ligne Toulouse-Mazamet sur laquelle des régiolis hybride rouleront d’ici 2020 ©V.FRANCESCONI

Les premiers tests vont avoir lieu dès 2020 pour une mise en service commerciale en 2021 et un déploiement national en 2022. La SNCF estime pouvoir réduire de 20% l’énergie consommée et les gaz à effet de serre.

 

  • Le train électrique

Face à ces deux technologies, la bonne vieille caténaire ne perd pas son intérêt. Malheureusement les élus s’en détournent de plus en plus, les projets d’électrification sont rares et ces derniers sont souvent annulés ou retardés. Dans la région on peut citer deux lignes qui sont adaptées à une électrification à commencer par la section Toulouse-Colomiers de la ligne d’Auch sur laquelle on retrouve 94 TER par jour! Ersatz d’un RER, intégré à la tarification Tisséo, les trains sont en effet cadencés toutes les 15 minutes. La deuxième est la section Toulouse – St-Sulpice-sur-Tarn avec 68 TER par jour. Tronçon commun des lignes de Rodez, Figeac et Mazamet, la ville de St-Sulpice devient ces dernières années une gare de plus en plus importante dans la région. Ces électrifications seront à terme nécessaire si l’on veut développer un RER comme le demandent de nombreux usagers mais aussi pour accueillir du matériel à deux niveaux (Régio2N) sur ces axes surchargés.

Deux TER se croissant à l’entrée de la gare de Colomiers, section thermique la plus fréquentée de la région ©VoieMidi

On peut ajouter à cela le cas particulier de la ligne de Nîmes – Grau-du-Roi longue de seulement 40 km, et qui pourrait être électrifiée pour permettre le prolongement de TGV jusqu’au bord de la mer à l’image de l’électrification de la ligne des Sables-d’Olonne en 2008 pour un coût de 105M€ les 110 km. En effet les TGV mettent 3h30 pour relier Paris à la Vendée, soit le même temps qu’un hypothétique Paris – Grau-du-Roi.

 

Sources:

https://www.sncf.com/sncv1/fr/presse/article/ter-hybride

http://cdric.netservices.pro/la-pr%C3%A9sidente-de-la-r%C3%A9gion-occitanie-carole-delga-propose-que-la-ligne-montr%C3%A9jeau-luchon-soit-ligne

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