Cure de jouvence pour les trains de nuit?

Ce weekend, à l’issue d’un voyage dans le train de nuit Paris-Briançon, la ministre des transports Elisabeth Borne a enfin annoncé les grandes orientations pour l’avenir de ces liaisons. L’actuelle convention s’achève en 2020 et concerne les lignes Paris-Birançon, Rodez, Toulouse, Latour-de-Carol et Portbou. Le gouvernement s’engage à renouveler toutes ces liaisons à l’exception du Paris-Portbou qui est encore en négociation avec la région Occitanie.

Deuxième annonce, et pas des moindres, l’État va entamer dès 2019 une rénovation des voitures des Intercités de nuit pour un montant de 30M€. Sans rentrer dans les détails, la ministre parle d’un remplacement des couchettes, de la création de prises électriques à chaque place, de la mise en place de nouveaux sanitaires et du déploiement du Wifi dans les 66 voitures affectées à ce service. Si l’annonce rassure, il faut espérer un vrai changement des différents espaces proposé aux usagers, et non un simple renouvellement de moquette. Cela pourrait se traduire par différentes voitures avec tout d’abord une voiture de siège inclinable dont le confort doit être revu. Puis une voiture offrant des compartiments individuels comme s’apprêtent à le faire les chemins de fer autrichien. Une voiture avec des compartiments de 4 lits pour les familles ou groupe d’amis avec là aussi plus de confort. Enfin une voiture avec des compartiments de première classe disposant d’une salle d’eau privative. On peut également s’interroger sur l’opportunité d’une voiture-bar, pour le repas du soir et le petit-déjeuner, avec pourquoi pas des tables et des distributeurs de plats et boissons.

Compartiment individuel des futures voitures autrichiennes

 

Outre les voitures, il faut également revoir les lignes en elles-même. Par exemple sur le Paris – Latour-de-Carol où l’arrivée à la frontière ne permet ni la correspondance avec le train jaune, ni avec le train espagnol pour rejoindre Barcelone. L’hiver l’accent pourrait être mis sur la desserte des stations de ski avec plus de voitures et une communication plus prononcée. Les touristes pourraient également représenter un potentiel touristique non négligeable en desservant des sites comme la cité de Rocamadour, le musée Soulage, le château de Foix ou encore Toulouse via des campagnes de communication comme ce qui est fait pour le Mont St-Michel. La dimension internationale de la branche de Latour-de-Carol pourrait être mise en avant avec l’amélioration de la correspondance vers l’Andorre (train à crémaillère, bus, etc).

Le train de nuit de Latour-de-Carol remontant les Pyrénées au petit matin ©Aleix Cortés

Autre point à traiter, le maintien de la branche de Portbou desservant Perpignan, 30ème ville de France et ses 121.934 habitants. Desservi par des TGV mettant 5h pour rejoindre la capitale, le train de nuit à tout son intérêt. De même il permet la desserte de Carcassonne (45.996 hab), seule ville d’une grande ligne à ne pas avoir de liaison directe de jour vers Paris.

Enfin, la région Occitanie ne renonce pas à faire revenir sur les rails le train de nuit Paris-Irun via Tarbes desservant des villes importantes et éloignées comme Tarbes, Lourdes, Pau ou encore Bayonne. Une ligne qui permettrait également la desserte du massif Pyrénéen que ce soit l’hiver pour les stations de ski, ou l’été pour le tourisme vert.

Train de nuit Paris-Portbou longeant la côte Vermeille ©Pierre Colson

 

Sources:

Photo d’illustration

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