Barcelone souhaite plus de train vers l’Occitanie

Il y a deux ans, le gouvernement Catalan a commandé une étude dans le cadre de la libéralisation du secteur ferroviaire espagnol prévu en 2020. Cette dernière met l’accent sur le potentiel d’un service régional à grande vitesse au sein de l’EuroRégion Pyrénées-Méditerranée, un potentiel que souligne le conseiller aux infrastructures et à la mobilité de la Generalitat de Catalogne Ricard Font qualifiant d’insuffisante la connexion entre les territoires Catalans et Occitans qui ont pourtant des intérêts communs.

AVE Toulouse-Barcelone en 2015 ©Michel LUTHRINGER
  • Une situation contrastée

Actuellement il y a 4 allers-retours Montpellier-Barcelone (6 en été),  et 1 aller-retour Toulouse-Barcelone (supprimé en basse saison). En 2017 850.000 personnes ont voyagé entre France et Espagne, dans le détail les 5 liaisons les plus fréquentées sont:

  • Paris: 212.000 voyageurs, 25%
  • Montpellier: 97.750 voyageurs, 11,5% (+14%)
  • Perpignan: 89.250 voyageurs, 10,5%
  • Narbonne: 68.000 voyageurs, 8%
  • Toulouse: 55.250 voyageurs, 6,5%

La faible fréquentation entre les capitales Occitane (471.941 hab) et Catalane (1.620.809 hab), distante de seulement 3h, s’explique d’une part par la suppression du TGV entre octobre et mars qui n’améliore pas la situation mais aussi par le fait que cette branche du réseau RENFE-SNCF, la plus courte de toutes, ne possède qu’un seul aller-retour qui se retrouve être inadapté aux Catalans (départ de Barcelone à 18h30, retour de Toulouse à 8h06).

TGV Barcelone-Paris s’éloignant de la frontière et du tunnel du Perthus
  • Une ligne d’affaires ?

L’étude fait mention d’un potentiel de 3,8 millions d’usagers par an, un chiffre bien supérieur à la situation actuelle. Pour atteindre cet l’objectif l’idée est de transformer cette ligne touristique en une ligne d’affaires en mettant tout d’abord en place 6 allers-retours entre Barcelone et Toulouse mais aussi 6 allers-retours avec Montpellier, soit 12 allers-retours Barcelone-Perpignan. Pour rappel Martin Malvy, dernier président de Midi-Pyrénées, avait en son temps réclamé 3 allers-retours entre Toulouse et Barcelone.

Cela passe aussi par une politique tarifaire plus abordable, chose qu’a d’ores et déjà fait la RENFE-SNCF en passant les prix de 39€ à 29€ cette année. Enfin, le rapport met en avant la nécessité de déplacer le terminus des TGV de la gare Sants (en centre-ville) à l’aéroport (7ème plus important d’Europe) situé plus au Sud. La combinaison de ces trois éléments permettrait ainsi de capter des usagers quasi quotidien et d’augmenter le flux ferroviaire entre nos deux pays.

  • Financement et rentabilité

Autre conséquence, avec au minimum 24 circulations par jour, le tunnel du Perthus deviendrait enfin rentable. Pour rappel la société qui exploitait ce dernier a été mise en liquidation en 2016 face au faible trafic et au 557,2 M€ de dette, obligeant les deux Etats à reprendre l’activité à sa charge. La Generalitat a annoncé être prête à financer, au début, le déficit d’exploitation à hauteur de 3,94M€ et déjà une filiale de la compagnie aérienne Air Nostrum a fait savoir son intérêt.

La SNCF et la région Occitanie ne se sont pas prononcé sur le sujet à ce stade.

Carte des liaisons RENFE-SNCF en 2018

Sources:

http://www.lavanguardia.com/economia/20180510/443462701030/liberalizacion-sector-ferroviario-operadores-privados-rutas-catalunya-francia.html?utm_campaign=botones_sociales&utm_source=facebook&utm_medium=social

photo d’illustration

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s